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Ils l'ont fait !
Profitant de cette belle journée du 19
septembre 2004, ils l'ont
fait ...
Il y avait déjà quelques semaines qu'on sentait arriver le truc. Même le
petit (16 ans depuis quelques mois tout de même )
se sentait hyper à l'aise, de plus en plus sûr de lui. Maintenant qu'il avait du
poil au menton, les ailes le démangeaient fort. Nous rongions un petit peu nos angoisses
en essayant de ne penser qu'au meilleur même si parfois le doute vous serre un peu le
coeur. Pour les parents |
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De toute façon, c'était une étape à franchir, et Philippe,
notre instructeur de famille, avait mis en place tout le nécessaire. Donc tout allait
bien. Oui mais .... les parents restent ce qu'ils sont et ont le trouillomètre à zéro
quand il s'agit de laisser le gamin tout seul avec sa vie accrochée au manche de l'avion.
Je crois qu'en fait, j'étais beaucoup plus inquiet ce jour là que le jour de mon propre
lâcher.
Déjà, le soleil, Cavok et le vent nul ou presque, avaient fait
grimper gentiment le stress paternel. La mère, avec son instinct de mère, après deux
tours dans son lit (et une enquête rapide par téléphone) avait bien senti que nous
étions fort probablement le "jour qui va bien", et avait pris sa décision
rapidement. Un saut dans la voiture, direction l'aéroclub ! En vieux pilote qui se
rappelle encore son propre lâcher, j'avais emporté "au cas ou" les appareils
photos et c'est tout en préparant le F-GMKI pour mon petit vol autour de la secondaire,
que j'ai entendu Philippe annoncer "pour une option".
Estomac au quatorzième sous sol, le temps s'arrête, vite les
appareils photos, et le deuxième coup sur la tête quand on entend à la radio "et
ça repart pour deux tours de piste pour un premier vol solo".
Gloops, dit le père. Vite, un coup de téléphone pour rappeler
la mère de l'oisillon ! Vais pas rester tout seul tout de même !
Philippe égrène ses dernières recommandations (c'est long,
mais ça fait du bien, je m'en rappelle). Par contre, ça laisse le paternel mijoter
quelques minutes de plus, tout seul, sans ce petit mot qui vous rassure. Enfin,
l'instructeur lâche son élève, et se dirige d'un pas ferme vers le parking de
l'aéroclub pour apporter tout son soutien à la troupe familiale. Marie arrive à ce
moment là pour voir le fiston à son premier virage, et se met
instantanément à regarder
ailleurs.
Mais que ces parents sont sots ! Le bébé ? Il va très bien,
plus que bien même. Il touche cool, juste après le peigne, pose vite fait la roulette
avant et remet les gaz illico. Tellement décontracté le môme, qu'il se paie même le
luxe d'un coucou avec le bras à tous ces badauds sur le parking. Mon dieu que maman est
contente et rassurée, voila déjà un tour de fait, plus qu'un et tout sera revenu au
calme !
L'instructeur avait dit deux tours donc Alexandre demande un
complet, avec regret nous dira-t-il après, et revient sagement au club pour rejoindre
tout d'abord son instructeur, et remplir ensuite sa première ligne de commandant de bord
après un grand vol de 19 minutes!!!! Papa joue au photographe, maman respire, tous
deux avec le coeur gros comme ça et une petite émotion au coin de l'oeil. Alexandre lui,
serein, a trouvé ça "super"!
Voila un cap de franchi, avec les deux milles remerciements à
tout ceux qui nous ont permis de monter si haut, ensemble. Lâcher un pilote pour son
premier vol solo, c'est facile, car tout est prêt pour cela. Mais parfois on a
l'impression qu'on lâche aussi les parents...
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